Agora est-il un projet du gouvernement ?
Pas exactement, Agora a été initié par le Service d’Information du Gouvernement pour ses propres besoins (voir Origine et objectifs) et mis à disposition du public conformément à la licence des logiciels libres GPL. Les fonctionnalités développées pour Agora correspondent aux contraintes techniques des sites administratifs (cadre commun d’interopérabilité de l’ADAE, normes d’accessibilité) et à l’oganisation hiérarchique d’une administration (chaîne de validation des contenus éditoriaux, niveaux d’accès à l’administration technique du site). Cependant, Agora est un logiciel libre à la disposition de tous. La préconisation d’Agora ne relève donc pas d’une volonté politique mais plutôt de la pertinence fonctionnelle de l’outil.
AGORA, SPIP-Agora, SPIP ?
Le nom historique du projet est AGORA (pour Architecture de Gestion de cOntenu à Réplication Automatisée). Le nom de « Spip-Agora » est souvent utilisé d’une part en raison du lien de parenté avec Spip, d’autre part pour préciser qu’il s’agit d’une application complète et non d’une brique logicielle.
Origines du projet Agora
Dans un contexte de forte montée en puissance d’Internet comme outil d’information et de communication publiques, le département multimédia du Service d’Information du Gouvernement (SIG) était confronté fin 2002 à une véritable crise de croissance qui caractérise bien des organisations publiques comme privées face à leurs besoins en communication Web : _ Inflation des sites internet et de la richesse en contenus Web à moyens humain et financier constants ; _ Impératifs plus courts en création et en mise à jour des sites ; _ Nécessité d’une architecture évolutive afin de sortir du cycle infernal « création / maintenance / déclin / refonte globale ».
Le projet Agora est né de ce besoin de standardiser la production et la maintenance des sites tout en améliorant le respect des standards et l’accessibilité.
Remarque sur le choix d’Agora face à des solutions informatiques globales
Ce constat de crise de croissance, dressé par tous, a mis en branle les équipes éditoriales au SIG, bien avant les informaticiens. Il est ainsi intéressant de noter que ce sont les gestionnaires de sites web aux prises directes avec ces contraintes (et non des informaticiens) qui ont initié le projet, que ce soit à l’ANPE ou dans les Services du Premier ministre. La suite des développements montre d’ailleurs que l’on est bien parti de problématiques éditoriales et le choix porté par nous sur SPIP a confirmé cette tendance. Ce n’est qu’une fois le projet engagé que notre direction informatique, au SIG, a vu, malgré les réserves techniques qu’elle formulait sur l’outil choisi, tout l’intérêt qu’elle avait à utiliser ce projet pour unifier les systèmes de publications avec une architecture de gestion de contenu qui faisait déjà l’unanimité des équipes éditoriales. C’est le même processus d’implication de la Direction des Systèmes d’Information que l’on a également constaté à l’ANPE. Ce point est important car de nombreux débats existent, aujourd’hui, autour de la question de savoir si SPIP et Agora peuvent être utilisés par des institutions de grandes tailles, plus familières aux gros chantiers informatiques de long terme, coûteux, mais globaux, plutôt qu’à un projet plus modeste, moins « parfait » dans sa conception informatique, mais rapidement opérationnel, conçus à partir des besoins exprimés directement par ses utilisateurs, et extrêmement souple. Notre expérience montre que pour des raisons et des intérêts différents, il était donc possible de faire converger de manière originale « communicants » et « informaticiens » autour d’un tel projet.
Les objectifs du projet
Se doter d’un outil unique de gestion de contenu pour gérer l’ensemble de nos sites présents et à venir : à l’époque, le SIG gérait une dizaine de sites web sur 5 technologies différentes, résultats des différents appels d’offres accumulés au fil des années.
Faire le choix d’un environnement technologique unique et « standard » pour capitaliser une expertise technique et pouvoir « internaliser » en partie la création de sites, répondant ainsi à la demande de raccourcissement des délais et des coûts de production, et aux besoins de souplesse et d’évolutivité des sites.
Faire le choix d’un outil convivial dans son utilisation qui permette à n’importe quel « producteur » d’information d’être son propre « éditeur web » avec une gestion fine des droits offrant une décentralisation maîtrisée des mises en ligne.
Permettre et favoriser l’interopérabilité des sites via des flux « XML RSS » (respect du Cadre commun d’interopérabilité de l’ ADAE - Agence pour le Développement de l’Administration Electronique- et, par la syndication de contenus, résoudre en partie la douloureuse équation « inflation des besoins de contenus à moyens humains constants ».
Intégrer directement dans l’outil de publication le respect des normes d’accessibilité (W3C, WAI, Euroacessibilité) afin que les sites instanciés soient par la suite nativement accessibles ; pour se faire, mettre en place un partenariat entre les développeurs choisis et les experts de chez Braillenet.
Faire en sorte que l’outil de publication web soit conçu en intégrant d’autres problématiques multimédia telles que le référencement, la mesure d’audience (gestion dynamique des champs META et des marqueurs, etc.)
Fonctionnalités structurelles à Agora
Agora reprend l’ensemble des fonctionnalités de SPIP en les enrichissant notamment sur la gestion de contenu, la gestion documentaire, la chaîne de validation et la gestion des profils.
Agora permet une structure de site plus complexe grâce à une gestion de « mots-clés » en arborescence. Agora peut être connecté avec d’autres type de base de données que Mysql.
Des modules complémentaires élargissent les outils à disposition du webmestre : sondages, lettres de diffusion, moteur de recherche de documents, statistiques de type marqueurs.
Enfin, la diffusion et l’accessibilité d’un site sous Agora est améliorée grâce à la réécriture des urls.
Liées au choix de départ de Spip comme application de base, ces fonctionnalités on été formulées comme nécessaires pour que Spip-Agora soit réutilisable dans l’administration publique.
Abstraction de la base de données
Une API standardisée permet le switch entre bases (MySql, PostGresql, Oracle 8i et SQL Server). Ajout d’une couche d’abstraction qui standardise les requêtes SQL. Types des dates dans la base au format iso.
Gestion des profils utilisateurs privés
L’interface d’administration est adaptée aux circuits de validation des grandes institutions par l’ajout d’une couche d’abstraction « métier ». Le nombre et les droits d’accès des profils utilisateurs sont désormais modulables. 2 profils « rédacteur en chef » et « webmestre » ont été ajoutés.
Gestion des profils utilisateurs publics
Via login + mot de passe, possibilité de personnaliser le contenu des pages en connectant un profil utilisateur à des mots-clés. Le profil comporte également les abonnements aux newsletters, l’adresse mail du visiteur, son contenu favori, ses derniers documents consultés et autres infos personnelles. Un formulaire de personnalisation est affichable sur l’espace public pour l’utilisateur. Ainsi, il est possible de contextualiser les contenus en fonction de la qualification de l’internaute, comme par exemple sa localisation géographique, pour un site public. Sinon, fonctionnalité très utile pour un intranet/extranet dont les contenus et services sont proposés en fonction du groupe auquel l’utilisateur appartient. Attention, facilitée par l’architecture métier, cette fonctionnalité nécessite des développements avant déploiement.
Workflow
2 nouveaux états dans le cycle de vie des articles : « validé en attente de publication » (correspond à l’ajout du rôle de « Rédacteur en chef ») et « archivé » (statut spécial qui permet de gérer en dynamique une partie « archive » du site).